Blacklist de l’UE, la Tunisie n’est ni le Qatar ni le Maroc…

La sentence tant redoutée est tombée mardi 5 décembre, la Tunisie figure bien dans la liste noire des 17 paradis fiscaux épinglés par l’UE. Elle partage ce rang peu envié et lourd de conséquences avec les iles Samoa, Bahreïn, Corée du Sud, Grenade, Emirats Arabes-Unis, les Iles Marshall, la Mongolie, la Namibie, les Palaos, Panama, Sainte-Lucie, Trinité-et-Tobago, le Panama et la Barbade…

Même s’il est prévu une première actualisation de cette première liste dans les semaines à venir, le coup s’annonce rude pour la Tunisie qui n’avait pas besoin de cela. Le premier préjudice est en termes d’images et envoie un message très négatif aux investisseurs étrangers qui dans ces conditions ne prendront pas le risque de délocaliser dans un pays « bandit ».

Il y aurait matière à polémiquer sur le contenu de cette liste dont on peut s’étonner qu’elle n’inclue pas l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et Malte, des places réputées mondialement pour les montages financiers offshore qu’elles abritent. Autre motif d’interrogation, l’ONG Oxfam réputée pour son intransigeance vient de poster sa propre liste noire sans inclure la Tunisie mais en intégrant les pays listés ci-dessus.

Il faut croire que la diplomatie d’influence a joué à plein…elle a sauvé l’Irlande, Malte mais également le Maroc et le Qatar. En ce sens, le journal français « le Monde » nous apprend que le Maroc et le Qatar ont échappé in extremis à la liste noire. Officiellement, ces deux pays auraient donné des gages dans les derniers jours pour se conformer rapidement aux demandes de l’UE. La Tunisie qui a envoyé de nouveaux engagements dans les dernières minutes (une faute professionnelle ?) n’a pas produit les mêmes effets sur ces juges. De là à penser que la Tunisie paie cash son manque d’influence…

Business oblige, la France, l’Allemagne et l’Italie, des nations majeures de l’UE ont pris le parti de leurs intérêts en défiant indirectement les sociétés offshore basées en Tunisie (dont 90% sont issues de ces trois pays) plutôt que d’épauler en pays amis un petit pays qui tente de se relever.

La Tunisie pourra toujours se consoler en communiquant (en dérision) sur sa « finale des paradis fiscaux » à l’occasion de son match du 28 juin contre le Panama lors du Mondial de football en Russie.

 

Source : Allobledi

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