La France sommée de clarifier sa position en Libye !

A Tripoli, les marques d’hostilité envers la France se font plus régulières et publiques. Dernière en date, la manifestation ce mardi de « gilets jaunes » libyens venus dénoncer selon les manifestants « le soutien de la France au maréchal ennemi Khalifa Haftar ». C’est précisément ce soupçon pesant qui vaut aujourd’hui cette défiance locale vis-à-vis du pays de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Sur le fond, alors que l’homme fort de l’est libyen, le Maréchal Khalifa Haftar poursuit son offensive sur Tripoli, la France est accusée de tenir un double langage et d’apporter en catimini son soutien à la reconquête de Tripoli par les forces pro-Haftar tout en appuyant officiellement les positions gouvernementales et les médiations de l’ONU. Un parti-pris qu’a beau démentir régulièrement Paris mais qui peine à convaincre les islamistes et opposants au Maréchal. Et, les doutes de ces derniers se voient renforcés par les dernières révélations du journal italien « La Repubblica » évoquant un déplacement récent du fils de Haftar à Paris et les efforts de la diplomatie française afin de bloquer un communiqué de l’UE condamnant l’offensive d’Haftar.

Sur le terrain diplomatique, la position française est de plus en plus intenable. Le site web de RFI nous apprend que l’ambassadrice de France en Lybie avait été convoquée début avril par le Premier ministre Fayez el-Sarraj. Une rencontre qui selon une source diplomatique citée par RFI a vu le Premier ministre demander directement des explications sur le rôle de la France dans l’offensive ennemie !

C’est dans ce contexte dégradé que deux convois de diplomates français et européens armés ont tenté de franchir la semaine dernière, les frontières maritimes et terrestres avec la Tunisie. L’ambassade de France en Tunisie a bien tenté de déminer les premières informations divulguées par le Ministère tunisien de la Défense, en minorant le scénario de l’arrestation et légitimant les armes à bord par le profil sécuritaire des agents. Mais le modus operandi (convois de 4X4, armes planquées, zodiacs…) pourrait aussi faire penser à une manœuvre (fuite et/ou exfiltration) d’agents spéciaux (DGSE…) en phase de retraite du bourbier libyen.

 

Samir BOUZIDI

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