Patrimoine : Rénovation ou démolition de la façade de Beit el Hikma ?

C’est l’incompréhension qui règne devant le Palais Zarrouk à Carthage. Depuis ce matin, les badauds assistent à une scène stupéfiante. Sous leurs yeux, des ouvriers attaquent à coups de pioche l’emblème beylical qui orne le fronton de l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts. La même question est sur toutes les bouches : pourquoi ?

C’est sur le groupe Facebook « Mémoire d’une Chéchia » dédié au patrimoine tunisien que semble être partie l’alerte. Un post accompagné d’une photo montre donc un échafaudage présent devant la façade du Palais Zarrouk avec un ouvrier posté sur le toit, en train d’abattre un emblème beylical centenaire.

Immédiatement, l’information cause l’émoi. Le post est relayé pour atteindre au moment où nous écrivons plus de 150 partages et 200 commentaires d’indignation, pour la plupart.

Il apparaît pourtant évident qu’une telle opération ne saurait avoir lieu sans l’aval de la direction de l’établissement et des autorités compétentes. Après avoir joint le standard de l’Académie, on ne peut pas dire que les explications soient satisfaisantes. Des rénovations étaient apparemment prévues, bien qu’on ne trouve pas de traces d’un avis de travaux sur le site internet ou la page FB de ce haut-lieu de la culture tunisienne.

La Députée Hager Ben Cheikh Ahmed a quant à elle réagi sur sa propre page Facebook, affirmant que les travaux se sont faits sans l’accord de l’Institut National du Patrimoine ni même de la municipalité.

 

En attendant les explications de l’I.N.P sur la question des rénovations de Beit El Hikma, on ne peut que se féliciter de la vigilance de certains de nos compatriotes.

Car le saccage inopiné du patrimoine tunisien est malheureusement devenu chose courante. En octobre 2018, un aqueduc romain avait ainsi été détruit à la pelleteuse par des riverains à Mhamedia, dans le gouvernorat de Ben Arous.

 

Moumtaez BEN MABROUK

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