Violeurs de « Ommi Selma » âgés de 87 ans, les coupables condamnés à mort mais resteront à vie !

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Qui n’ a pas été marqué en 2017 par cette brave grand-mère âgée de 86 ans, décédée de ses blessures suite au viol par une bande  de malfrats drogués ? Le Tribunal de Kairouan vient de condamner à mort deux des coupables avérés. Mais est que cette peine capitale est encore appliquée en Tunisie depuis nouvelle constitution de 2014 ?

Bref retour historique, le dernier à avoir été condamné et subi la pendaison (mode d’exécution en Tunisie) était le tristement célèbre « boucher de Nabeul », pendu en Octobre 1991. Les exécutions ont d’abord été suspendues sous Ben Ali, puis le pays a ratifié en 2012 un moratoire de l’ONU sur la question. Les sentences de ces criminels ont donc de fait, été commuées en peine de prison à perpétuité.
En réalité, il n’existe plus de « couloir de la mort » à proprement parler sur le territoire. Les conditions d’incarcération se sont mêmes améliorées : ils sont désormais mêlés au reste des détenus, peuvent communiquer avec leur famille, ont le droit à une sépulture. Les condamnés à mort gardent toutefois l’uniforme bleu comme symbole d’une époque révolue.

Il est bon de rappeler que la peine de mort figure toujours dans la Constitution de 2014, sous la pression des courants conservateurs de la société. D’ailleurs, l’opinion publique se satisfait de ce statu quo puisque le dernier sondage (I3C) en la matière, datant de 2013, rapportait alors 70% d’opinions favorables au maintien de la peine capitale.

Comme un symbole en France, le dernier condamné à mort est le Tunisien : Hamida Djandoubi, guillotiné le 10 septembre 1977 à Marseille. Depuis, un ministre de la Justice emblématique avait bataillé et réussi à abolir la peine de mort, contre l’avis de la grande majorité des Français. En cette année électorale en Tunisie, il est souhaitable que les forces politiques progressistes fassent preuve du même courage, ou au moins qu’elles prennent position fermement sur la question.

Pour l’heure, les huit sentences de mort prononcées cette année par la justice tunisienne pour les meurtriers de « Ommi Selma » et pour des faits terroristes, croupiront à vie en en prison.

 

Moumtaez Ben Mabrouk

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