Dix mesures immédiates (ou presque) qui permettraient aux Tunisiens de l’étranger d’aider davantage à la relance économique p

Ci-dessous et sans caractère exhaustif, nos propositions de mesures aussi simples qu’efficaces intégrant les besoins de notre communauté à l’étranger et les impératifs de notre pays.

 

Des billets d’avions pour toutes les bourses

Eternel grief et manque à gagner abyssal pour le pays, les tarifs du transport aérien (et maritime) entre les pays importants de notre communauté (France, Italie, Allemagne, Pays du Golfe…) et la Tunisie, restent hors de prix en été. Dépassement du prix psychologique pour certains et/ou manque de moyens pour la majorité, chaque été des dizaines de milliers de nos concitoyens vivent l’air du pays par procuration à la TV et au téléphone. L’Etat doit intervenir directement en garantissant la disponibilité de vols charters suffisants en nombre et des tarifs fixes sur les vols réguliers de la compagnie nationale. Pourquoi ne pas installer un tarif « citoyen » à 250 euros (depuis l’Europe) disponible en échange d’un engagement pris par le client d’importer l’équivalent en devises en Tunisie ? Gagnant- gagnant !

 

Transferts d’argent à zéro frais

Fer de lance pendant des années de la politique d’incitation du Maroc vis-à-vis de sa diaspora et …interminable talon d’Achille de Tunisie. Chaque année, les Tunisiens de l’étranger transfèrent au pays plus 1,5 milliard d’Euros mais on estime le manque à gagner pour le pays au moins au double dans l’informel à cause notamment de frais de transfert parmi les plus élevés de la région. A l’image de qui se pratique au Maroc, l’Etat doit garantir la gratuité (sur la partie tunisienne) des frais moyennant des contreparties à négocier avec les banques tunisiennes. En attendant, l’Etat doit veiller à plus de transparence au niveau des banques (publication de comparatifs…)

 

Des hôtels pour les familles

Selon les dernières statistiques officielles du tourisme tunisien, plus d’un touriste sur quatre en Tunisie est un Tunisien de l’étranger. Belle performance si l’on précise que le ministère du tourisme ne dépense rien ou presque en pub et marketing sur les TRE (Tunisiens de l’étranger). Pour booster les nuitées en hôtels, revenons aux recettes promotionnelles qui ont fait leurs preuves sur cette clientèle essentiellement familiale : réduction tarifaire de 30 % et gratuité pour les enfants de moins de douze ans logés dans la même chambre (Packs familles), offres plus adaptées (bungalows, cartes de restauration typique tunisienne…)

 

Taux de change préférentiel avec 0% de commission pour les « gros clients » et/ou autorisation de paiements en devises

Récompensons les citoyens modèles et grands pourvoyeurs de devises qui décident de changer légalement leurs devises au pays. A partir d’un montant précis à changer d’une seule traite (nous conseillons 1500 euros), la banque accorde un tarif préférentiel + 0 frais et autres avantages… Dans le même esprit, pourquoi ne pas autoriser les paiements en devises (moyennant remises ou autres incentives) dans les hôtels, cliniques, taxes publiques (droits de douane FCR…) ?

Epargner en euros avec un capital garanti par l’Etat

L’épargne bancaire des Tunisiens de l’étranger est marginale en Tunisie. En cause, des produits mal « marketés » et des rendements « bof » ! En outre, ce frein indéniable : « Souscription en euros mais liquidation obligatoire en DT » à l’image de qui se pratique sur le seul produit d’épargne populaire chez les Tunisiens de l’étranger : le Plan Epargne Logement ( PEL). En termes simples, vous ramenez des euros et vous sortez avec des dinars. L’Etat doit impulser une dynamique nouvelle sur ce segment en commençant par faire évoluer la législation et garantir le capital souscrit selon certaines conditions. Dans le même esprit, pourquoi exiger deux ans d’ancienneté à l’étranger pour les 15 000 Tunisiens qui partent s’installer tous les ans à l’étranger ? En autorisant l’ouverture avant le départ d’un compte en devises, on s’assure d’un afflux de nouvelles rentrées de devises dès le premier mois d’installation à l’étranger !

 

Achetez dans l’immobilier avec facilités

Tout a été écrit ou presque sur la cherté de l‘immobilier en Tunisie ! Que dire des taux d’intérêts qui avoisinent les 10% ? Avec la dépréciation du DT, il est désormais possible d’acquérir son bien en Tunisie à partir de 60 000 euros. Pour maximisez les rentrées de devises liées aux ventes imobilières, nous proposons à l’Etat tunisien :

* Apporter un cadre juridique et réglementaire à la vente par facilités (et non via crédit bancaire), sur 5 ans directement entre promoteurs et leurs clients

* Apporter sa caution (sur le modèle de la Banque Centrale du Portugal) sur des prêts transnationaux qui permettront aux TRE d’acheter en Tunisie en empruntant à des conditions nettement plus avantageuses dans leur pays de résidence

 

Un emprunt obligataire « Tunisiens de l’étranger » pour financer les investissements dans les régions

Plus complexe à mettre en œuvre mais il s’agit là d’une alternative sérieuse pour emprunter sur le marché international des capitaux. Encouragé par la Banque africaine de Développement (BAD), l’Ethiopie a franchi le pas avec brio et une dizaine d’autres pays africains s’y préparent (le Cap-Vert, Kenya, Ghana, Nigéria…). Eu égard au montant actuel des transferts d’argent provenant des Tunisiens de l’étranger, un emprunt obligataire 100% diaspora tunisienne visant le développement d’infrastructures (et l’emploi) dans les régions sens aurait du sens à conditions qu’il soit bien pensé !

 

Un Fonds « TRE » pour les projets innovants

Afin de booster l’investissement productif et la création d’emplois au pays (= le maillon faible des TRE) dans les secteurs neufs à forte valeur ajoutée et/ou tout projet innovant, pourquoi ne pas lancer un fonds d’investissements alimenté par l’Etat et destiné aux TRE ? Un certain nombre de compétences et de professionnels à l’étranger réfléchissent actuellement à l’opportunité d’investir en Tunisie. A l’heure actuelle, les banques tunisiennes ne sont pas en mesure à satisfaire cette demande. Secteur prioritaires : Nouvelles technologies, agriculture, export…

 

Consommer le « Made in Tunisia »

Les Tunisiens de l’étranger sont affectueusement liés au « Made in Tunisia » qui en saisissent par ailleurs toute la portée économique. Encore faut-il les sensibiliser pendant leur séjour en Tunisie au moyen d’une campagne de communication, d’un étiquetage spécifique…Dans cet état d’esprit, on pourrait imaginer une surcharge bagage gratuite (5 kg supplémentaire) dans les avions des compagnies nationales pour pouvoir exporter sans frais supplémentaires ces produits.

Amorcer certaines formalités depuis les consulats

Trop de bureaucratie tue l’action ! En matière de création d’entreprise et à l’image de ce qui se fait dans les consulats canadiens, pourquoi ne pas prévoir d’amorcer certaines formalités de constitution d’une entreprise depuis les consulats ? Les missions des consulats doivent évoluer pour mieux intégrer les nouveaux besoins de la communauté et les priorités du pays. Dans ce sens, il faut penser à un mode de fonctionnement plus participatif des consulats (Mise en place de « conseils » d’administration » mixte avec consul, représentants d’administrations/société publiques et citoyens…)

 

Samir Bouzidi

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