Plongée dans le fameux système débrouille des Tunisiens

Qui connaît la Tunisie et les Tunisiens s’étonne de la cherté de la vie mais aussi de l’ingéniosité déployée par les Tunisiens à essayer de survivre et vivre dignement. Nécessité fait loi, les Tunisiens ont développé un système “B” en parallèle à leur activité déclarée ! Revue de détail des procédés (parfois limites) les plus usités.

Paiements en cash imposés : Des petits services rémunérés (livraison, réparations…) jusqu’aux prestations des professions libérales (Médecin, avocat…) ou dans les restaurants…,le règlement au « black » est souvent la règle dans certains cas avec à la clé de l’argent liquide qui permet de vivre et de bien vivre au quotidien.

Double métier : Par nécessité, beaucoup de Tunisiens exerce un ou deux job au « noir ». C’est par exemple le cas des taxis salariés qui sont exclusivement rémunérés au black (souvent 30% de la recette de la journée) ou encore les gardiens de parking en soirée. Des secteurs entiers comme par exemple la restauration et le bâtiment reposent sur du personnel trop rarement déclaré.

Endettement : Endettement auprès des amis, famille, de l’épicier du coin…Pour vivre, le Tunisien n’a parfois d’autres ressources que de s’endetter auprès de ses amis et sa famille. Le problème, ces prêts d’argents font et défont les relations. Bien des problèmes familiaux ont pour cause des litiges d’argent (prêts non remboursés…). Pilier du système, le crédit accordé par le(s) commerçant(s) du coin permet à bon nombre de Tunisiens de consommer à crédit (en général 30 jours) et de vivre avec moins de pression au quotidien.

Achats dans l’informel. SI la contrebande se porte aussi bien, les clients en sont les premiers responsables. En Tunisie, notamment sur les souks dans les quartiers populaires, impossible de savoir ce qui est déclaré de ce qui ne l’est pas….Et à vrai dire, personne ne s’en soucie pourvu que le prix soit bon !

On est tous « Samsar » ! C’est le piller du système « B » à la tunisienne. Il suffit d’exprimer publiquement votre besoin d’un service, d’achat ou de vente d’un produit pour que votre interlocuteur se saisisse spontanément de l’opportunité. Ce dernier vous aiguillera vers l’une de ses relations et si la transaction se passe, il encaissera souvent à votre insu une rétro-commission de la part du vendeur.

Allobledi

 

Fonctionnaires « pacha » ! Environ un Tunisien sur dix est fonctionnaire ou assimilés (sociétés publiques) et ces derniers font beaucoup d’envieux. Il y a bien sûr la sécurité de l’emploi mais surtout les avantages comme la mise à disposition d’un véhicule de fonction qu’ils ne se gênent pas d’utiliser abusivement (utilisation familiale, en week-end et vacances, utilisation commerciale : taxi et livraison payante…). Secret de polichinelle, au cœur du système « B », beaucoup de fonctionnaires de tous corps arrondissent leur fin de mois en monnayant « au black » leurs prestations ou certains passe-droits.

Tolérances fiscales. Permissivité du système fiscal tunisien, un chef d’entreprise peut tout faire passer ou presque sur la comptabilité de sa société via des achats en leasing : voiture de luxe, dépenses de vacances, consommation courantes…et personne ne se gêne ! Par ce procédé, une voiture de luxe sur trois est achetée sous leasing sur le compte de l’entreprise. Résultats : des entreprises affaiblies financièrement mais des chefs d’entreprise et des cadres qui vivent chichement !

Abus de confiance : Premières victimes du système « B » : l’employeur. En détournant sur leur lieu de travail des marchandises que leurs employés revendront sur le marché informel. En produisant un service qu’ils encaisseront directement à l’insu de leur employeur (exemple : serveurs, vendeuses, tous types de prestations aux entreprises…)… Les Tunisiens de l’étranger sont également des  victimes de choix. Cas fréquent : Ils laissent les clés de leur bien à la famille ou  un voisin de confiance et celui-ci via un intermédiaire le donne en location à l’insu du propriétaire. Bien entendu, Il encaisse les loyers pour son propre chef !

Fraudes : Fraude aux compteurs électriques, compteurs à eau…Technique courante dans les quartiers populaires, afin d’alléger la facture, une simple épingle est immiscé dans le compteur et suffit à bloquer le décompte sur les compteurs ancienne génération de la STEG et SONEDE. Par ailleurs, beaucoup n’hésitent pas à se brancher sur le compteur d’un voisin à l’insu de ce dernier. Les Tunisiens de l’étranger sont particulièrement exposés à cette arnaque car leur maison est souvent inhabitée et ils laissent souvent les clés à leur voisin…

 

Source : mag00216/Allobledi

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