Quel Tunisien de l’étranger êtes-vous ?

Tunisien de l’étranger

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Chacun a sa propre représentation des Tunisiens de l’étranger ( TRE ), souvent caricaturés voire stigmatisés en ouvriers immigrés venus exhiber leur richesse avérée ou illusoire pendant les vacances d’été en Tunisie ou encore en jeunes issus de la deuxième génération faisant la une de la rubrique délinquance ou djihadiste dans les médias étrangers. Au fond, ces clichés traduisent une méconnaissance d’une population forte de plus d’1,5 million aux réalités complexes, bien intégrée dans les pays de vie et très attachée affectivement à la Tunisie.

Pour vous aider à y voir clair dans cette mosaïque humaine, nous avons observé au fil des ans et analysé les modes de vie de quelques milliers de TRE pour être en mesure de les regrouper en 6 « socio-styles » différents. Suivez le guide !

 

1. Les « Permanents paradoxaux »…les plus accrochés au « pays »

Ils vivent ailleurs mais leur esprit est resté en Tunisie. Quand ils ne rentrent pas au pays (au moins 2 fois/an), ils le suivent de très près (médias tunisiens, communications téléphoniques avec la famille…). Ils mangent « tunisien » et leurs cercles d’amis sont quasi tous tunisiens et/ou musulmans

Ils sont très souvent issus de la 1ère génération partis très tôt travailler (ouvriers, commerçants…) en Europe. On les rencontre principalement dans les grandes villes en France, Italie et Allemagne…

 

2. Les « transitoires » …La Tunisie, ce n’est qu’un au revoir !

Ils sont installés depuis moins de dix ans à l’étranger et savent ce qu’ils sont venus y chercher : étude, argent, expérience…Ils ont programmé leur retour au « pays » et font des investissements dans ce sens : immobilier, commerce, épargne…

Plutôt bien formés, âgés de moins de 45 ans et concentrés dans les pays du Moyen-Orient (Qatar, Arabie Saoudite, Emirats Arabes-Unis…) et Europe de l’est (Ukraine, Roumanie…) mais on les rencontre aussi en France, Italie, Allemagne, Canada…

 

3. Les « et-et »… Ne leur demandez pas de choisir !

Ils sont aussi à l’aise dans la culture du pays d’accueil qu’en Tunisie. Ils se projettent dans l’un ou l’autre selon les opportunités ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas d’affection pour la Tunisie bien au contraire.

On compte dans cette catégorie : cadres d’aujourd’hui partis étudier à l’étranger avant de s’y installer ;  une bonne partie de la 2eme génération (nés à l’étranger). Les pays de concentration : France, Allemagne, Italie, UK, Canada, Etats –Unis…

 

4. Les « nostalgiques identitaires »…La Tunisie, un besoin !

Nés à l’étranger (2 ème ou 3 eme génération), ils subliment le pays de leurs racines et sont en attente prioritaire de tout ce qui  peut les aider à reconstituer leur histoire et leur puzzle identitaire…

On les rencontre principalement en France, Italie, Allemagne et autres pays de l’Union Européenne

 

5. Les « Tunisiens de cœur »…convertis à la Tunisie !

Non natifs de notre pays, ils l’ont découvert au hasard d’une relation amicale, d’une expérience professionnelle ou d’un séjour touristique et, ils s’y sont liés affectivement pour la vie. Ils constituent des ambassadeurs efficaces de la Tunisie à l’étranger. Certains ont choisi de s’installer en Tunisie : retraite, tourisme, culture, associatif…

Ils sont majoritairement originaires de France, Italie, Allemagne…Algérie.

 

6. Les « Indignés »… Loin des yeux mais pas complètement loin du cœur !

Ils ont originaires de Tunisie mais du fait d’un contentieux individuel ou collectif avec le pays, ils ne s’y rendent plus ou très peu ce qui ne les empêche pas de cultiver une affection particulière pour le pays de leur racine, enfance…. Ils vivent avec l’espoir d’un changement du pays à leur image  ou d’un signe de reconnaissance fort du pays d’origine voire une réparation.

Parmi eux : Tunisiens juifs, couples ou enfants mixtes mais également de plus en plus de « TRE » n’ayant plus leurs parents « vivants » en Tunisie.

 

 

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Samir BOUZIDI

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